Le marathon de Blaye – Un retour d’expérience de Vinz 20 mai 2017 – Posté dans : Guide des bons plans sportifs, Interviews, Mai


Le marathon de Blaye. Un retour d’expérience de Vinz

Vous avez pu voir sur mon blog, dans ma catégorie « sport », qu’il y a déjà plusieurs compte-rendus de courses qui se déroulent dans la région bordelaise. Si vous aussi vous voulez partager sur mon blog votre expérience sportive, faire un compte rendu de course à Bordeaux ou dans le Sud Ouest ou même sur un coup de coeur, un bon plan restaurant ou toute autre envie de partage concernant Bordeaux et la région… Alors contactez moi! 😊

Aujourd’hui je vous présente Vinz, un collègue très sportif, qui a couru le Marathon de Blaye le 13 mai dernier. Il va nous raconter une de ses plus belles expériences sportives et se qu’il a pu endurer. Son compte-rendu emprunt d’émotions est aussi très complet pour nous aider à préparer notre prochaine course. 😉 Encore bravo à toi Vinz pour ton exploit car tu as, en plus, fait un temps magnifique! Et un grand merci également au très talentueux photographe Olivier Seguin pour ses magnifiques photos! 😊 👌🏽 Allez, j’arrête de parler et je te laisse la parole, Vinz…


Le marathon de Blaye. Un retour d’expérience de Vinz

L’histoire de mon premier Marathon, celui des vins de Blaye du 13 Mai 2017.

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©OlivierSeguin

De retour de Martinique où l’idée a germé avec ma moitié, je m’inscris au Marathon des vins de Blaye car il correspond plutôt bien avec mon calendrier et est proche de Bordeaux. Dorénavant il n’y a plus moyen de reculer.
Cette épreuve m’a toujours fait peur, bizarre quand un Raid de plus de 5h ne me pose que peu de problèmes.

La préparation/Le programme

Je lance le programme proposé par Polar pour suivre une bonne préparation de 3 mois. 4 sorties par semaine, courtes, fractionnées, longues. Cette préparation je la ferai exclusivement seul. Débutant en février, je passe toutes mes sorties dans le froid et souvent sous la pluie. Je ne manquerai qu’uniquement des sorties pour cause de blessure ( en fait très peu par rapport au volume ). Psychologiquement je ne suis pas du tout dans les meilleures conditions. Je commence la prépa par des micros déchirures aux mollets. Les sorties répétées ne plaisent pas à certains muscles. Je m’impose à chaque sortie des rythmes plus rapides que ce que le programme me demande de faire et toujours plus de distances. Oui je me fais mal. Je fais ça pour lui prouver quelque chose…

A 14 jours du Marathon je fais 2 sorties consécutives de 20Km environ ( alors que le programme ne me le demande pas mais elle est là avec moi cette semaine ci et je veux lui prouver quelque chose … ! ) et la tendinite revient immédiatement. Tendon gonflé, le lendemain je ne peux plus marcher ! Je referai une petite sortie à 4 jours du Marathon pour tester et me rassurer mais rebelote, tendon gonflé, je marche très mal ,il me fera très mal encore 2 jours, je passerai le reste de mon temps à le soigner.

L’avant course

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Ce matin le tendon me fait moins mal, j’ai avec moi de quoi le chauffer avant la course. Le Camelback est prêt, tubes, de l’eau, crème anti-friction, Iphone. Les écouteurs et la V800 sont chargés. Le dossard est retiré. Je mange un peu de ma salade de fruits habituelle pendant que je m’habille. L’ambiance est festive, des coureur(euse)s déguisé(e)s de partout, je suis relax car habitué des événements. Le temps est parfait 18/19 degrés ma tenue manche courte ira parfaitement. Je suis prêt et c’est l’heure d’aller rejoindre la ligne de départ/arrivée dans un couloir pas très large (à peine 3m de large) de 150m de long sur tapis rouge en montée. Le speaker annonce plus que les 42.195Km car ce Marathon est non labélisé et là je me dis qu’il ne faudrait pas qu’il y ait 2km de plus !! Super ambiance sur la ligne de départ, je discute avec quelques runners et j’ai l’impression de déjà faire partie du cercle fermé des #Marathoniens, quel pied !

Le Marathon


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©OlivierSeguin

Départ donné à l’heure, je déclenche la Polar sur la ligne et Go Go mon Vinz ! Les Bandas donnent tout ce qu’elles ont, je n’entends plus la zik de mes écouteurs, c’est du grand n’importe quoi sur le côté et ça me fait bien marrer !

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©OlivierSeguin

Une connaissance Facebook m’avait prévenu que la première partie était assez vallonnée donc je pars sur les bases de 4.45/50 au kilo comme prévu. Tout se passe très bien, je me fais passer par une dizaine de personnes, mais je ne m’inquiète pas et surtout dans ma tête je me souviens de tous les conseils d’ami(e)s Marathonien(ne)s : « ne pars pas trop vite, laisse faire, tu verras à la fin ça va payer ». Chose compliquée à accepter mais je m’y tiens (en partie car parfois je peste et je ne peux m’empêcher de m’accrocher). Mes sensations sont incroyables. Aucun doute, aucune fatigue, les faux plats ne me font rien et je commence à passer pas mal de concurrents. Le public me dope, et je ne mens pas, le mot est juste, l’impression d’être sous drogue ne voyant pas les bornes passées je me nourris des encouragements des habitants de chaque village. J’ai le sourire car je ne peine pas, le public le voit et je prends tout ce qu’ils me donnent. Je m’amuse à taper dans les mains des enfants, des organisateurs, des passants et à chaque fois j’absorbe une grosse dose d’endorphine, quel bonheur. Les plus grosses parts sont données par les enfants, cette énergie qu’ils me donnent ; moi qui n’en ai pas; je ne me reconnais pas à tant lover ces instants si bref et me sentir en osmose avec eux, leurs sourires, leurs regards, leurs étonnements, cette pure dose !

La mi-course est passée et je suis maintenant en compagnie d’un type avec sa perruque que je suivais depuis un bon moment. Je lui demande notre rythme (même si je le savais très bien) et il me dit que nous sommes 2 minutes sous les 3h30. Il en rajoute une couche en m’annonçant que ce n’est pas son rythme et qu’il va accélérer !! Ainsi soit-il !! J’essaye de sortir de ma bulle et de profiter du paysage mais je replonge, envahi par cette adrénaline qui me transporte.

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La deuxième partie est plus compliquée. Au 25ème, une ampoule sous le gros orteil se forme. Je ne comprends pas comment est-ce possible. 3 mois que je cours avec les mêmes chaussures, jamais un pépin et là Bim ! Du coup l’ampoule me fait oublier la tendinite qui elle aussi commençait à me raidir la foulée. Je serre les dents. Je fini par rattraper mon copain à la perruque au 30ème ! Je lui dis « alors ce rythme ça va ? » Mort de rire intérieurement. Et lui : « Je suis en train de craquer ». Pas le temps d’échanger plus longtemps, je le laisse donc seul avec lui-même pour les 12 derniers kms qu’il lui reste (sic) !
Sur les bords des routes, je constate moins de monde et du coup je suis en manque (seul(e)s les Marathonien(ne)s comprendront). L’ampoule devient un enfer et chaque virage serré à droite m’inflige à un effort sur moi-même incroyable tellement j’ai mal au tendon. Je fais ça pour elle, pour  me prouver quelque chose aussi…je ne sais pas…mais elle est avec moi…

La fin du Marathon est assez pénible car nous passons dans des sentiers / chemins défoncés parsemés de trous / cailloux et souvent avec du dénivelé. Je dois ralentir car je manque de maintien sur mes chevilles fragiles et ce n’est pas le moment d’abandonner si près du but. De plus lors des descentes ma foulée appuie encore plus sur l’ampoule ce qui accentue à nouveau la douleur !

Tout le long du Marathon j’ai constaté un écart de distance entre le marquage au sol et ma montre. Au 40ème Km je trouve 1Km de différence. What The Fuck ! Encore 2 alors qu’au sol il y a marqué 41Km ! De toute façon j’irai au bout et même s’il y avait encore plus je le ferai quand même. Plus rien ne peut m’arrêter et pourtant les douleurs à cause de l’ampoule et de la tendinite me font un mal de chien. Je pense à elle, à tous ceux qui seront fiers de moi…
J’ai doublé un bon nombre de coureurs sur les 2 derniers kilomètres, les types craquent un par un. Je suis content de moi car ma tactique a payé et surtout je ne lâche rien. Tous ces mecs qui m’ont doublé au début, je les ai tous repassés (sauf un type avec un seul bras, il m’a passé comme un V2, je ne l’ai jamais revu, un ouf !).

A l’approche de l’arrivée, nous devons faire le tour de la Citadelle et là j’en ai marre, le parcours est dégueulasse, sans intérêt.

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©OlivierSeguin

J’entre dans la Citadelle et la foule est dense, je double encore et en arrivant en bas du tapis rouge, il reste 150m, un petit vieux devant moi, le public est en folie, je décide d’aller le chercher.

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Je le passe au sprint dans la montée et termine à fond sous la ligne.

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Yeahaaaa, quel pied, je saute de joie et check avec le speaker. Putain je suis heureux. Accolade avec le petit vieux et je réponds à quelques questions du speaker qui hallucine sur mon chrono pour mon premier Marathon ! Yeah…

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©OlivierSeguin


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©OlivierSeguin

3H25m42s à ma montre pour 42.66Km et 3h26m01s officiel pour une distance en fait vraiment plus que ce que ma montre indique ! 23ème au général et 7ème dans ma catégorie SE !

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©OlivierSeguin

 

​L’après course

Médaille autour du cou et je me dirige vers un ravito non loin de l’arrivée.

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Je discute avec un concurrent accompagné de sa femme en vélo que j’ai passé dans le dernier kilomètre et là je craque, les larmes me montent aux yeux…Pinaise… je fonds en larme… je suis ridicule devant tout le monde mais je l’ai fait, je suis Marathonien et bordel mon chrono n’est pas dégueulasse.

Une épreuve de ma vie totalement nouvelle avec des sensations et des émotions rares voire mêmes nouvelles. Je ne me croyais pas capable de le faire. J’ai appris sur moi, aujourd’hui ma plus grande force n’est pas mon physique : c’est mon mental et il est en acier 😉. En équilibre dans ma tête, bien dans ma vie et dans mon corps je sais que je suis capable d’exploits. Reste à trouver cet équilibre qu’aujourd’hui je n’ai pas. Je referai un Marathon plus plat où j’irai plus vite car j’en ai largement les moyens, sans blessure etc… ensuite j’irai retrouver la nature que je préfère en m’essayant aux UltraTrails.

Dans mes écouteurs mes meilleures sensations sur l’album  #One Cold Night ; band #Seether
Manche courte Mizuno
Polar V800
Short de mon père (toi aussi tu étais avec moi)
Mizuno Ultima 8
Iphone 7
Ecouteurs Bose SoundLink
CamelBack (eau)
Gels (Isostar)



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