Mon compte rendu du Marathon de Bordeaux 2016 11 mars 2017 – Posté dans : Avril, Guide des bons plans sportifs, Interviews

Marathon de Bordeaux. Mon compte rendu Vous êtes prêt à faire le Marathon avec moi ? Allez Go !!



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La journée fut longue, très longue…  attendre, stationner la voiture près d’un arrêt de tram’ pour être autonome au retour à la maison dans la nuit, attendre, regarder l’heure, repos, attendre… rhaaaaa, c’est que c’est loooong, j’en peux plus !
Bref, il est 16h00, je mets la tenue de combat : strap des deux pieds, du genou droit pour atténuer la tendinite, les douleurs, les
ampoules et autres… je prépare mon camelbak et mon paquetage, avec ma montre GPS chargée à bloc, mes pâtes de fruits pour être autonome au maximum et perdre le moins de temps possible… Je mets mes New Balances fétiches et le magnifique sac poubelle qui servira à me réchauffer sur la ligne de départ !


17h00 : je rejoins des amis avec lesquels nous partons en tram. Eux vont faire le Marathon-relais à quatre, un autre fera le marathon, son 3ème.
18h20 : un peu en retard, j’arrive en courant au point de rencontre des coureurs de mon entreprise, car nous avons rendez-vous pour la photo de groupe…

« Nous courons pour une cause… »

J’entends au loin, parmi la foule, des rires. Place de la Bourse. Ils sont tous là ! Fiers, face au Gabriel. Alignés, arborant les t-shirts blancs maculés, logotés Fondation Bergonié. Car oui, nous courrons pour une cause : la lutte contre le cancer. Leur joie d’être là, leurs rires communicants, me mettent dans l’ambiance. Je suis fière d’être là moi aussi. La pression commence à monter, alors que mes collègues me demandent si je suis prête… Oui, bien sûr que je suis prête ! Ça fait plus d’un an que j’attends ce moment ! Prête à courir mon 1er marathon, hâte d’en découdre enfin…  mais j’ai aussi le trac, oh que oui ! Mais c’est excitant aussi !

Prendre des forces

18h45 : je me dirige vers les consignes, dans l’espace réservé à notre groupe à la Chambre de Commerce, où je retrouve Xavier pour une chaleureuse visite guidée des lieux et Clément avec qui nous discutons de nos expériences de courses. L’endroit est classe et l’on se sent un peu VIP, avouons-le. Je mange mon dernier plat de pâtes… bof, ça passe pas très bien… Pourtant il faut bien que je prenne des forces maintenant. Ca fait déjà presqu’une heure que j’aurai dû le faire et je risque quelques déconvenues techniques si je tarde trop…

17.619 coureurs : « quelle ambiance, quel monde ! »

19h00 : J’entends que dehors ça s’agite sérieusement. Et oui, c’est le départ du semi ! Je me dirige dehors pour les encourager… J’étais avec eux l’an dernier. Quelle ambiance et quel monde ! Les semi-marathoniens sont  très nombreux, beaucoup plus que les marathoniens. Au total, sur la ligne de départ, sur les 17 619 personnes, toutes compétitions confondues, plus de 14 000 sont des semi-marathoniens. Ils seront 11 004 classés sur la ligne d’arrivée.
Nous ne sommes que 3500 marathoniens sur la ligne de départ. Et d’ailleurs plus que 2492 coureurs à l’arrivée. Soit 1008 abandons.

Concentration, recueillement et …selfies


Ca y est le semi est parti ! La petite pression monte d’un cran… bientôt ce sera mon tour… Je vais rejoindre mes amis qui m’attendent au village exposants. Tiens, ils sont un peu plus tendus que lorsque je les ai quittés…

20h15 : Je me dirige vers mon SAS. J’ai choisi celui des 3h30… Je sais que je ne vais pas mettre ce temps mais je ne veux pas être trop gênée par les autres coureurs… Je suis à côté des meneurs d’allures. Certains les connaissent et font des « selfies » avec eux… Ils sont prévenants et donnent des conseils techniques sur le parcours. Tous le monde est concentré, mais une bonne ambiance règne dans le SAS. Une ambiance de communion et de recueillement. On est là, tous ensemble et on va tous vivre enfin cette aventure… Ensemble, mais aussi surtout seuls, face à nous même.

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« Elles sont où les filles ? »

Je regarde autour de moi et… je suis la seule fille dis-donc… gloups, elles sont où les filles ? Je me mets à penser à Kathrine Switzer (voir video de son histoire ci-dessous) et Bobbi Gibb, ces deux femmes qui ont été les premières à courir officiellement le marathon (Boston) en 1967. Officiellement, mais en se faisant passer pour un homme en s’inscrivant sous leurs initiales uniquement. En effet, la discipline était interdite aux femmes !!  Un officiel avait même essayé de rattraper Bobbi pour l’en dissuader… Il faut dire qu’à l’époque, les organisateurs pensaient que les femmes ne pouvaient pas courir plus de 2500 mètres sans se blesser !
C’est seulement en 1972 que les femmes ont été autorisées à courir le marathon de Boston.
J’y pense et me dis que je suis bien, là…

 « BOUM ! …Gooooo !!! »

20h25 : Virginie Calmels prend la parole. Elle nous dit qu’elle est fière de nous… elle nous encourage… Je regarde vers le haut des bâtiments où les Bordelais nous regardent depuis leurs balcons. La musique de décompte est lancée… ça y est je vais pouvoir en découdre après toutes ces semaines d’entrainements ! Enfin ! Ce moment que j’attends tellement est arrivé ! Je « revêts » mon mental de guerrière et… Booooom, gooooo ! c’est parti !!!

Dès le début, je suis entourée par des centaines de coureurs qui s’élancent tous ensemble. Dans les grosses courses, c’est toujours le cas sur les premiers kilomètres et j’essaye de ne pas trop me faire bloquer. Le premier kilomètre passe à toute vitesse et le deuxième est avalé dans la foulée. Nous attaquons le pont Jacques Chaban avec sa petite montée, qui passe sans difficultés. J’essaye de relancer un peu la foulée dans la descente et de doubler tant que je le peux.
 

« Bordeaux, qu’est-ce que t’es belle ! »

Je me rends compte que ma montre sonne un peu en avance par rapport aux premiers panneaux. Alors j’évite de prendre du retard mais en même temps, il faut que je me calme. Je me cale sur mon allure marathon. Soit 5’35/km. Nous longeons ensuite la Garonne, un passage très agréable. Bordeaux, qu’est-ce que t’es belle !

Les coureurs sont tous globalement encore frais et de bonne humeur. On arrive à la porte de Bourgogne et là le frisson !  Il y a vraiment beaucoup de monde à nous acclamer tout au long de l’avenue ! Ils scandent nos prénoms. Ils crient « allez, allez ». Ils sont déguisés pour certains, avec des sifflets ou des cornes de brumes et sont heureux de nous acclamer. Une ambiance digne d’un tour de France dis donc !

La bonne allure

Nous arrivons au premier ravitaillement vers le cinquième kilomètre… Je file mon chemin… j’ai mon camelbak et mes pâtes de fruits, pour ne pas perdre de temps. Hop, me revoilà faufilée… Mes  jambes sont au top, le souffle aussi, je me suis calée à ma vitesse de croisière. Je dépasse le panneau des 6 kilomètres sauf que… ma montre a sonné les 6 kilomètres plus de 500 mètres avant ! C’est énorme ça: à quoi me fier ? Pas évident de savoir si j’étais à la bonne allure du coup. Je discute quelques secondes avec le coureur du stade d’athlétisme de Stéhélin qui court à ma droite mais visiblement, sa montre est d’accord avec la mienne… Tant pis, je prends le risque de faire confiance à mon GPS. Mais 500 mètres, quand même ça me perturbe… y’aurai pas des petits malins qui auraient joué avec les panneaux là ?

« Je dose, tranquille… le plus dur reste à venir…»

Bref, je décide de prendre du plaisir à courir dans ma merveilleuse ville et de ne plus regarder les panneaux, ni trop mon temps… je me dis que je vais surtout écouter mes sensations et mon but sera d’aller jusqu’au bout. Et si je fais un temps, eh bien, ce sera la cerise sur le gâteau… Justement, les sensations sont au top… le cardio est très bon… je dose, je dose, tranquille… Je vois que je suis à 5 minutes 35 par km en moyenne et c’est parfait. Je ne crie pas victoire trop vite même si je suis au semi. Je suis arrivée à la moitié sans m’en rendre compte mais le plus dur reste à venir… Je profite du parcours, je lève la tête et je souris aux gens à la fenêtre, tape dans les mains des adultes comme des les enfants (déguisés en Dark Vador ! héhé)… jusqu’au moment où je tape dans la main… d’une amie !! Je ne m’attendais pas à la voir ici !! Quelle joie de la voir ! Ca me rebooste !

Du baume au cœur

Les animations sont très inégales le long du parcours, mais il y a des portions où les bordelais sont venus en masse nous encourager et cela fait vraiment très chaud au coeur. Tout cet humanisme d’un seul coup, c’est trop de Bonheur !! Le passage dans le château Pape Clément est juste magique ! Somptueux, féérique ! Nous entrons dans un lieu enchanté, tout illuminé et mes pas vont au rythme de la musique classique diffusée tout au long des vignes et de la splendide verrière.

Au 25ème kilomètre je tombe sur Patricia et Jean de Transphère voyages !! Inespéré de les voir ici parmi toute cette foule ! Je prends le temps de les embrasser tellement cela me fait plaisir de les voir… ils me témoignent leur surprise de me voir encore « fraîche » Héhé. Ils m’offrent une petite bouteille d’eau pour me donner du baume au cœur… et j’ai, le baume au cœur !

27è km : « Est-ce le bon chemin ? ma montre a-t-elle ‘bugué’ ?! »

Nos montres sonnent le 26ème kilomètre. Pas de panneau kilométrique. Heuuuuu ?! Ça continue ces histoires de panneaux ! Bon, pas grave… On tient le rythme et on verra. C’est fou comme une petite chose peut vous perturber quand même . « Est-ce le bon chemin ? Ma montre a-t-elle buguée ? ». Au 27ème, je suis tellement concentrée sur mon allure que je ne me rends pas bien compte de ce qui m’entoure. Déconnectée. Pour vous dire, j’ai bien entendu que l’on courrait avec moi en me tenant l’épaule, qu’on me parlait, mais je ne réalisais pas que c’était un de mes amis qui fait le marathon en relai. Il était en attente à son point de relayeur et m’a vu passer… Je lui ai répété : « Je suis bien ! Je suis avec les meneurs d’allures 4h… je suis avec les 4 heures ! Je vais le faire en 4 h !! C’est top » Sans réaliser sur le moment à qui je parlais…

31è km au mental

Dans un léger faux plat, j’entends ma voisine dire « c’est dur, je vais abandonner» au meneur d’allure qui lui rétorque «  regarde mes baskets, ne te pose pas de question, ça va aller ». Je comprends que ça commence à être dur pour bon nombre d’entre nous. Je reste concentrée, dans ma bulle.
31ème kilomètre. Là, commence LE marathon !! Quand on dit qu’un marathon, c’est dans les jambes et surtout dans la tête… je confirme. Le mental ! Je vois bien à ma montre que mon allure est moins soutenue. Pourtant j’ai l’impression que je fournis toujours le même effort ! Les crampes aux cuisses apparaissent et commencent à m’empêcher de garder mon allure et je vois mes meneurs d’allure 4h me distancer… Je tiens bon… je m’hydrate. Mais… non, je suis obligée de m’arrêter boire d’avantage au ravitos suivant.

 « T’as pas fait tout ça pour abandonner maintenant… »

Les autres marathoniens autour de moi ne parlent plus. Ils souffrent. Certain dégobillent entre les voitures. D’autres s’arrêtent pour étirer leurs quadri. D’autre décident de terminer en marchant… d’autres abandonnent carrément emmené par les secouristes. j’ai le cœur serré pour eux. Je les encourage. « Allez, t’as pas fait tout ça pour abandonner maintenant ! Marches un peu pour te reprendre !». On se serre les coudes comme on peu, on compatit…
J’arrive aux Quinconces puis à la place de la Comédie, l’arrivée approche… les Bordelais sont en masse. Ils crient mon nom pour m’encourager et je prends toute cette générosité pour moteur ! Certains donnent même des conseils techniques !

 500 mètres de l’arrivée : douleurs et larmes… de joie !

Je sens que j’en ai encore sous la semelle et je m’aide des bras pour avancer efficacement malgré la douleur due aux crampes dans les jambes. Sur les deux derniers kilomètres, je retrouve même presque mon allure du premier semi ! Je suis complètement surexcitée ! Rien ni personne ne peux m’arrêter ! Motivée par l’idée de passer cette fameuse ligne d’arrivée… Je donne des coups de pédales supplémentaires. Une volontaire crie aux coureurs qu’il ne nous reste plus que 500 mètres. J’ai envie de pleurer de joie !!

42,540 km en 4 heures 14 minutes 14 secondes… « je suis marathonienne ! »

J’accélère encore un petit coup, jusqu’à apercevoir l’arche d’arrivée et cours encore, seule, au milieu de cette longue allée bordée de gens qui m’encouragent et… whouaouuu, ça y est je l’ai fait !!! Je suis grisée comme jamais.

J’arrête ma montre, qui m’annonce 4h14 minutes et 14 secondes pour pile 42, 540 km (finalement, elle avait raison depuis le début ma montre… avec tous ces panneaux mal placés ! En plus, j’ai fait plus qu’un marathon là !). Je termine 37 ème sur 132 sur marathoniennes, dans ma catégorie. Je suis très contente, mission accomplie. Quelle Bonheur, quelle Joie de l’avoir fait ! J’ai compris ce soir là ce que signifie vraiment l’expression « EXPLOSER de joie ». Les larmes montes ! J’ai réussi mon objectif ! Je suis Marathonienne.

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« Super aventure ! Elle ne s’arrêtera pas là… »

Mon mari m’appelle pour me féliciter. Ma famille m’a suivie, tout le long, en direct, sur le livetrack. Je vais attendre mes amis du côté des ravitos… je suis euphorique, comme souvent après un gros effort… les joies de la course à pied ! L’ambiance à l’arrivée est vraiment très bonne : tout le monde a le sourire, les bénévoles sont au top et la musique bat son plein. Bordeaux, que tu es belle !

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Que d’émotions! Que dire à part : On recommence quand ? Les 30 premiers kilomètres m’ont donné envie de recommencer, les 12 suivants de me dépasser littéralement et d’aller jusqu’au bout ! La fierté de le faire, le challenge, la course, l’effervescence… C’était une super aventure et elle ne s’arrêtera pas là. Un jour je ferai le Marathon de New York, promis…
Merci encore à mon entreprise pour ce beau sponsoring ! Et pensez à faire un don, en faveur de l’institut Bergonié et la lutte contre le cancer. 😉



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