Vivez le Marathon du Médoc de Sophie ! 1 octobre 2016 – Posté dans : Guide des bons plans sportifs, Interviews, Le Médoc, Septembre

Vivez le Marathon du Médoc de Sophie !

Comme le Marathon de Bordeaux, ou le Marathon des Villages, au Cap Ferret, le Marathon du Médoc est un évènement emblématique de la région bordelaise et ce dernier est même mondialement réputé. Créé en 1985, il se tient tous les ans au mois de septembre et traverse de nombreuses propriétés viticoles renommées du Médoc, en Gironde. C’est un marathon festif, qui permet également de déguster quelques vins de très bon crus comme Mouton-Rothschild, par exemple. Et justement, Sophie va vous faire vivre son premier marathon, et qui plus est, celui du Médoc près de Bordeaux. Un grand merci à elle pour son partage d’expérience. Je profite de cet article pour vous dire que, si vous aussi, vous voulez partager sur mon blog, vos bons plans, vos coups de coeurs, vos découvertes, sur Bordeaux et le sud-ouest (restaurants, sorties, balades, visites, sports etc…), n’hésitez pas à me contacter ! Je vous attends 😉


Sommaire

Vivez le Marathon du Médoc de Sophie !
Mais qui est donc Sophie?
Le compte-rendu du Marathon du Médoc de Sophie
Merci Sophie!

Mais qui est donc Sophie?

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Bonjour Sophie.

Voici donc quelques petites questions afin de te présenter :

Alors dis-nous qui tu es.
Je m’appelle Sophie Pabot.

Et quel âge as-tu si ce n’est pas indiscret ?
J’ai 31 ans, l’âge de la raison, enfin !

Que fais-tu dans la vie Sophie ?
Je travaille à l’aéroport de Bordeaux pour des tour-opérateurs, je fais de l’accueil passagers et groupes.

Et tu habites Bordeaux alors ?
Oui Céline, j’habite à Bordeaux dans le petit quartier d’Arlac.

Ok, et alors dis nous tout, depuis quand cours-tu ?
Je cours depuis environ 3-4 ans mais « sérieusement » (deux fois / semaine) depuis bientôt 2 ans.

Et tu fais souvent des courses alors ?
Souvent non, mais disons 5-6 par an. De quoi rester motivée et prendre du plaisir.
J’aime faire des courses atypiques : la foulée des Baïnes par exemple (20 km dans le sable), des courses d’obstacles parfois (Adren’addict, Istery Bask, Farfelue), je fais aussi des 10 km : les 10 km des quais de Bordeaux (46 minutes en 2015), la Cenonnaise (ville où j’ai grandi alors présente à la première édition en 2015 et podium au RDV !) la cité run (quartier Pellegrin, Saint-augustin, Tauzin). J’ai fait à deux reprises le semi marathon nocturne de Bordeaux et  le marathon de la presqu’île du Cap-Ferret en relais (26 km). Et pour la première fois cette année : LE marathon du Médoc !

On peut savoir quel est ton record et sur quelle course ?
Novembre 2015, je ne sais pas ce qui s’est passé mais j’ai battu mon record haut la main sur les 10 km des quais de Bordeaux : 46 minutes ! C’était une course incroyable !

Peux tu nous expliquer pourquoi le marathon du Médoc est si renommé et quelle est sa particularité ?
Le marathon du Médoc est connu dans le monde entier. Cette année, 74 nationalités étaient présentes avec un total de 8500 coureurs (il faut faire très vite pour s’inscrire !). Les pays anglosaxons et asiatiques étaient largement représentés !!! La particularité ? le marathon le plus long du monde, c’est le slogan de la course, car en plus d’être déguisés dans le thème (c’est inscrit dans le règlement, c’est « obligatoire » !), les ravitaillements sont très spéciaux : les châteaux viticoles traversés offrent du vin rouge pour se désaltérer ! Oui, oui, oui ! Et les derniers kilomètres sont gastronomiques : huîtres, vin blanc, entrecôte, fromage, maïs, glace ! Tout ça dans un décor somptueux avec des animations musicales PARTOUT !

C’est top ça ! Et on veut en savoir plus du coup ! Eclaires-nous, Sophie : Qui sont les gens qui courent ce marathon ?
…Et tous les âges sont représentés ! Un marathon qui se court tous ensemble sans vouloir faire de chrono, preuve en est : 5h55 pour mes acolytes et moi (5h47 en temps réel) !

Super Sophie. Merci ! 😊
Bon allez maintenant, racontes nous ton premier marathon !!

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Le compte-rendu du Marathon du Médoc de Sophie

Il était une fois …
Mon premier marathon, autant commencer fort : le marathon du Médoc !

32éme édition, thème : contes et légendes

Les frissons me viennent et l’émotion est encore au rendez-vous plusieurs jours après… Wouhaouh = voilà le résumé de cette folle aventure !

Je cours avec une association URBAN RUNNERS et un beau matin de sortie dominicale, notre président adoré propose au groupe du jour des dossards pour le marathon du Médoc. Je me parle toute seule, dans ma barbe, puis une copine me dit « Sosso ça ne te dit pas ? On le fait toutes les deux ? ». « Euh … Marie, attends 3 secondes : OUI ! ». Et là, c’est parti … Enclenchement de l’aventure !

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Après avoir passé un été caniculaire à s’entraîner sur le rythme de ma copine (un peu inférieur au mien), nous voilà arrivées à quelques jours du marathon du Médoc 2016 : c’est bientôt Noël dans ma tête, je trépigne d’impatience, pas d’appréhension mais me voilà transformée en une vraie gamine qui attend le Père Noël (et ses 42,195 km d’efforts, une pacotille, j’y pense à peine) !

JOUR J : ça y est ! Réveil à 06h, ouille c’est tôt, la nuit a été très agitée (moments médicaux familiaux nocturnes très difficiles) mais je ferai mon égoïste pour une fois, aujourd’hui et maintenant c’est mon moment et rien ne viendra me le gâcher. 06H30, petit-déjeuner gargantuesque, ayant trop peur de mourir de faim (je suis une très grosse mangeuse), je mange donc devant certains yeux éberlués des pâtes, des lentilles, des amandes, des céréales et une heure avant le départ de la course, je mange une banane (sait-on jamais je frôlais peut-être l’hypoglycémie) ! En route maintenant vers la ville de Pauillac, lieu de départ et d’arrivée du marathon.

H-30 minutes, nous voilà sur les quais de Pauillac, au milieu d’une déferlante de déguisements plus amusants les uns que les autres. Je me demande maintenant à quel moment le rêve va s’achever … Nous croisons plusieurs Blanche-Neige et leur sept nains, des Schtroumpfs, Jésus et sa croix, des fées, des Petis Cochons, Peter Pan, tout cela est irréel ! La magie nous envahit. Une bouteille géante avance, oui, il y a des bras qui dépassent !
Nous avançons des étoiles plein les yeux vers la ligne de départ, enfin, on l’imagine surtout, car il y a autour de nous 8500 participants (- nous) et la ligne nous paraît si loiiiiiiiiiiiiin !

H-15 minutes, un spectacle de funambules et d’acrobates gymnastes commence, très loin, mais très beau, je suis contente de mesurer 1m75 car sur la pointe des pieds j’arrive à voir un chouilla de l’animation… La musique retentit, le speaker fait applaudir la foule en délire dont nous faisons partie, des confettis tapissent le ciel des minutes durant et sur des dizaines de mètres, deux avions de chasse nous saluent ! Les frissons me parcourent l’échine, les cuisses, les bras, tout y passe, je suis en transe, quel bonheur d’être là, de vivre ça, d’être parmi ces 8500 privilégiés.

Nous y sommes … coup d’envoi du marathon ! 8 minutes pour franchir la ligne de départ mais ce franchissement est le début de quelque chose gravé à jamais dans ma mémoire, je le sais déjà à ce moment-là. Je savoure.

Les 3 premiers kilomètres ont été folkloriques : 30 minutes de bouchons, pire que sur la rocade bordelaise en retour de vacances le 15 août à 13h ! Je me disais, elle est sympa cette rando façon Disneyland et surtout : quelle bon échauffement, ça fera 3 km en moins sur le marathon (oui OK, je me motive comme je peux pour essayer de me dire que ce sera un peu plus simple à la fin). Un coureur endiablé arrose copieusement les spectateurs de « poudre de fée », il y a des paillettes partout, c’est magique ! Les deux premiers ravitaillements ressemblent un peu au premier jour des soldes chez H&M, il faut jouer des coudes pour attraper une bouteille d’eau, c’est drôle !

Et c’est parti, le monde fabuleux d’Alice au pays des merveilles est en route sur un rythme de 6’30/km : ma copine en Reine de(s) coeur(s), un copain en valet (un as de cœur géant) et moi en lapin (montre gousset géante, oreilles et pompon sur les fesses, cet accessoire ayant quelque peu émoustillé la gent masculine et provoqué quelques beaux rires et sourires).

Oh voilà le monstre du Loch Ness façon chenille géante dans laquelle se trouve 5 Ecossais ! Magique ! Vais-je me réveiller à un moment donné ?

Le paysage est somptueux, du début à la fin, je vis chaque instant comme si j’allais mourir demain, je me régale de chaque déguisement, de chaque sourire, de chaque main d’enfant claquée (et j’en ai profité, j’en ai tapé des mains d’enfants telle une grande championne olympique), de chaque orchestre, de chaque encouragement, de chaque château et holala mais qu’ils sont beaux, putain con ! Et puis tiens, deux hommes nous dépassent : la fée Clochette et Peter Pan !
Et cela durant 37 kilomètres ! 37 km de plaisir, de bonheur, oh tiens, la Reine des Neiges est poilue en fait, je rigole avec tous ces compagnons de galères inconnus mais il y a une communion, une osmose.
Les déguisements de nombreux asiatiques sont majestueux : des samouraïs, des saris, des geishas, des Pikachus géants, et voilà que nous croisons plusiseurs Alice au pays des merveilles, génial !
Les châteaux sont nombreux, très nombreux, très imposants, nous entrons ou sortons par des allées « présidentielles », quelle chance de traverser ces domaines de prestige, je me sens possédée par l’ange du bonheur, je n’arrête pas de dire à ma copine : tu te rends compte, nous y sommes, nous sommes en train de le faire notre marathon ! Le pouvoir du moment présent, je ne l’oublierai jamais sur ce marathon si particulier.

Nous nous sommes arrêtés tous les 2 km environ pour boire de l’eau, grignoter ou prendre des photos et à chaque arrêt je me disais, c’est trop pour mes jambes, je vais le subir dans quelques km, j’avais envie de continuer, ne plus m’arrêter à chaque fois mais nous étions plusieurs et j’essayais de me réconforter en me disant que je devais profiter de ces arrêts intempestifs comme du temps de repos. Oh tiens, je ne le connais mais j’adore l’humour de cet homme : Blanche-Neige nous dépasse mais elle est noire cette « Blanche »-Neige, génial ! Et puis c’est un Rocky qui doit mesurer 2 mètres qui est devant nous, puis nous dépassons une fée masculine « abracadabra, tu es derrière moi », hé bien hop, nous voilà devant maintenant !

KM 28, mémorable, château Le Crock, j’ai une envie de sucre depuis 2 km, je rêve de glucose ou de bonbons, mais que nenni, je ne trouve rien à mon goût (en cet instant) sur les ravitaillements mais Ô miracle, ma copine m’appelle « Sosso, il y a du fromage ! ». Et là, le bonheur revient, c’est mon péché mignon, 2 tranches de fromage et me voilà reboostée à bloc, c’est parti pour le dernier tiers de course.

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J’ai appris quelque chose : le plat n’existe pas dans le Médoc, ça monte, ça descend, ça remonte, ça redescend, sans parler de la caillasse, des gravières, des chemins terreux … J’aime les petites côtes alors c’est chouette, je profite mais mes acolytes ne sont pas du même avis malheureusement, alors nous ralentissons le rythme voire nous marchons dans les dernières côtes. Allez, c’est pas grave me dis-je en mon for intérieur, ça m’économise un peu (tu parles ! Ça me fusille les jambes que de m’arrêter tout le temps ou marcher et ça je le sais aussi).

Ayant étudié le parcours la veille, je sais qu’au km 37 c’est le dernier château et connaissant déjà le goût du précédent, je préfère l’inconnu et m’octroie donc une dégustation et … hummmmmmmmmmmm … quel plaisir de redécouvrir le goût du vin rouge et pas n’importe lequel, Château Montrose, Saint-Estèphe, deuxième grand cru classé, wouahouh le nectar ! Il fait 30°C à l’ombre, je suis en plein soleil, je ne sens plus trop la rose, je n’ai plus le teint très frais, j’ai perdu la moitié de mon déguisement (la partie fabriquée, ouf! Ma dépense de 3,75 € est encore avec moi) mais qu’importe, je me sens comme une déesse grecque à Olympie. Oh tiens, des Dieux grecs justement et oh tiens, une flopée de Bacchus en chair et en os (et en toges, hummm) !

C’est reparti pour les 4 derniers km … interminables, le long des quais de Pauillac, en plein cagnard, sans ombre, sur le bitume, une horreur, la souffrance, très difficile pour le mental, je n’ai plus envie, du tout, et pourtant, je n’ai aucun problème de respiration, ni fatigue, les jambes lourdes par contre, MAIS , je suis là, il va falloir le terminer ce marathon car oui : je suis en train de devenir marathonienne, je l’ai répété tout le long de la course, nous sommes en train de le réaliser ce putain de défi décidé sur un coup de tête en petit footing un beau matin ! Les carrelets modifient le paysage jusque-là rencontré, la vue sur la Gironde et les bateaux sur l’eau est imprenable.
Les quelques Tortues Ninja ou autres princesses, licornes, spartiates et j’en passe continuent de me faire rire et sourire malgré tout ! Et avancer !

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En-avant Guingamp, on profite du menu royal des derniers km : des huîtres sublimes, des morceaux d’entrecôte divins, du fromage cuit au soleil (pourquoi autant de pain, je ne comprends pas, hahaha!) et un morceau de glace. Je commence à avoir l’estomac qui tiraille (ma très grande peur d’avant-course) mais ça tient bon, à part quelques coups de tonnerre par-ci par-là (mais c’est pas moi!) et le dernier km va s’annoncer … euh … il m’a semblé faire 10 km celui-ci ! Les organisateurs nous auraient-ils fait une blague ???

Ca y est, un virage, nous voyons le tapis rouge, magique, les frissons s’emparent encore de moi, l’émotion monte, les ballons sont là au-dessus de nous, en forme de dragon, majestueux, et la banderole de l’arrivée est là, à quelques dizaines de mètres, je la vois, j’ai un sourie à m’en décrocher la mâchoire, ça accélère devant moi, ça sprinte mais non, je n’ai pas envie de gâcher ce moment, je ne me mettrai pas dans le rouge maintenant, hors de question, je reste donc à mon rythme, franchissant la ligne seule mais émue, grandie et heureuse. Je ralentis et m’arrête, c’est fini, c’est fini, c’est fini, les 43 km sont terminés (oui, oui, j’ai fait plus que prévu, oh les coquins !) ; je me retourne et la vois cette ligne d’arrivée, franchie, je prends une photo, je me fais prendre en photo et une larme monte, puis une deuxième, nous nous retrouvons, nous avançons, une médaille et une rose nous sont offertes avec un énorme FELICITATIONS d’une bénévole, une larme, puis c’est un ruisseau, au fur et à mesure que des cadeaux me sont remis et que je prends conscience (je commence seulement et ça va durer plusieurs jours) de la « performance », le fleuve en moi grandit et ça coule durant 5 minutes ! Des larmes de joie, de fierté, d’accomplissement, de travail terminé, de récompense, LE BONHEUR QUOI !

COMPTE RENDU MARATHON DU MEDOC

Marathonienne la fille, hein, et oui ! OK c’est un marathon différent mais ça en reste un, avec ses multiples exigences. Et nous l’avons fait ensemble Marie, oui, tu l’as ait, je l’ai fait. Championnes !

J’en frisonne encore !
Je suis sur un nuage depuis plusieurs jours, les endorphines sont présentes, je vous l’assure !
Quelle belle parenthèse enchantée, un conté éveillé à eu lieu le samedi 10 septembre 2016.
Je suis heureuse de l’avoir vécu, la légende est en marche à présent …

Sophie Pabot

Merci Sophie !

Ouf ! Quel magnifique marathon ! Bravo à toi Sophie et félicitation pour ta belle perf ! Encore merci à toi pour ce joli partage d’expérience. Tu reviens quand tu veux ! 😇

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